Macron le président jupitérien

  • Par upstar
  • Le dimanche, 02 Juillet 2017
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Depuis 2015 où le site a collecté 400 000 euros pour affronter son redressement fiscal.

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Fiscalité | Médiapart est probablement le premier site d'actualité payant en France. Fondé en 2008, il est dirigé par d'anciens journalistes de la presse écrite dont Edwy Plenel qui est le directeur de la publication du journal numérique.

Si la renommée du site internet n'est pas à douter, il en est pour autant un symbole pour les médias en ligne français dans une lutte contre l'administration fiscale. Médiapart s'oppose à un article du code général des impôts divisant la presse française en deux classes : la presse écrite "papier" et la presse écrite numérique. La différence pour vous, lecteurs, est mince pourtant aux yeux du Fisc elle soulève une inégalité.

Les organes de presses dits "classiques" payent la TVA accordée à 2,1% cependant cette TVA ne concerne pas les publications en ligne comme Mediapart, Rue89, Street Press, Slate ou encore SIDE Press. Edwy Pelnel évoque "une égalité entre presse papier et presse numérique" qu'il faut instaurer. En clair, les médias en ligne payent la TVA de la "presse" ainsi que celle des sites internet. Mais avant tout d'être un site internet, un média en ligne est tout aussi un média que Libération, BFMTV, Le Figaro ou le Monde : nous sommes bien plus qu'un site puisque nous réunissons sur nos réseaux différentes formes de presse (vidéos, audios, satiriques, infographies...).

La presse numérique, c'est le diable !

Et pour cause, la presse numérique mettrait à mal plusieurs groupes de presse papier qui voient depuis l'essor d'internet leurs nombres de tirages chuter.  Alors forcément, face à ce qui semble d'être le diable pour les mammouths de la presse, une inégalité se pose et vous l'avez compris : elle est fiscale. Par cette démarche discriminante, que cherchent le Fisc? A mettre à mal la presse numérique afin de relancer la presse écrite?

Mediapart

Aujourd'hui, la presse numérique est innovante, alternative, collaborative, évolutive et participative. Nous avons réussi avec vous lecteurs ou collaborateurs à casser la barrière entre les journalistes à vous qui était instaurée par la presse écrite : aujourd'hui d'une certaine manière un simple lecteur peut s'improviser journaliste en faisant partager son témoignage sur un blog personnel ou dans une tribune spécifique comme c'est le cas dans "Le Club" de Médiapart ou encore "Le Plus" de l'OBS. Pourtant cette démarche évolutive de l'information est un progrès pour la communication. 

4,1 millions d'euros

Face à cette inégalité fiscale, Mediapart a saisi le Tribunal Administratif de Paris puis le Conseil d'Etat car le site d'Edwy Plenel est accusé de n'avoir payé que la TVA de la presse et non celle des sites internet. Mediapart demande aujourd'hui un redressement fiscal de 4,1 millions d'euros devant -de nouveau- le Tribunal Administratif.

Ici nous ne parlons pas de bénéfices car nous savons que ce n'est pas avec un média en ligne qu'on devient du jour au lendemain millionnaire. Mais bien de la survie d'un média en ligne qui malgré ces 128 000 abonnés a dû demandé à ces internautes des dons pour faire face aux lourds redressements fiscaux: au final en 2015, plus de 400 000 euros ont été récoltés.

Il est temps que la presse numérique puisse évoluer pleinement sinon les sites comme Médiapart vont devoir subir la dictature de la publicité qui est pourtant tant rejetées par les internautes.

AFP IMG INSIDER

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